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Pendant longtemps, comme beaucoup de gens, j’ai cru que la procrastination était surtout une affaire de discipline, de volonté, de caractère.
Si vous n’agissez pas, c’est que vous ne voulez pas assez.
Si vous remettez à plus tard, c’est que vous vous racontez des histoires.
Si vous avez du mal à vous y mettre, c’est que vous manquez de rigueur.
Plus j’avance, moins je crois à cette vision-là.
Cette semaine, j’ai justement fait une vidéo sur ce sujet, parce qu’il me semble qu’on rate quelque chose d’essentiel quand on parle de passage à l’action sans parler du corps.
Et cette réflexion a aussi été nourrie par la lecture du livre Biohacking de Denys Coester, qui m’a donné envie de remettre ce sujet au centre : on ne peut pas demander à un cerveau fatigué, mal nourri, surstimulé et sous-récupéré de fonctionner comme une machine de guerre.
Autrement dit : vous procrastinez peut-être moins parce que vous manquez de volonté… que parce que votre biologie ne suit plus assez.
Et ça change beaucoup de choses.
Table of Contents
ToggleEn bref
- La procrastination n’est pas toujours un problème de discipline.
- Un cerveau fatigué choisit plus facilement le confort immédiat.
- Les pics de glycémie peuvent nourrir fatigue, dispersion et envies de sucre.
- L’axe intestin-cerveau influence l’humeur, la concentration et l’élan.
- Le manque de sommeil fragilise la satiété, l’autocontrôle et la stabilité.
- On peut recréer un cercle vertueux sans tomber dans la culpabilité.
Envie d’avancer avec plus de clarté et moins de dispersion ?
Pourquoi la procrastination n’est pas seulement mentale
Quand quelqu’un me dit : “Je sais ce que je dois faire, mais je ne le fais pas”, je n’entends pas seulement un problème d’organisation.
J’entends parfois un écart douloureux entre l’intention et la capacité réelle d’agir.
Et c’est important, parce que beaucoup de personnes se jugent trop vite. Elles se collent une identité : procrastinateur, procrastinatrice, personne dispersée, personne qui ne tient jamais ses engagements.
Or bien souvent, la réalité est plus fine. Ce n’est pas simplement qu’elles ne veulent pas. C’est qu’elles sont surmenées, mal récupérées, trop stimulées, ou nourries d’une façon qui fragilise leur énergie au lieu de la soutenir.
Je le vois souvent chez les personnes ambitieuses, sensibles, lucides, qui veulent sincèrement avancer, mais qui se sentent freinées dans leur capacité à tenir un cap.
Ce n’est pas qu’elles manquent d’intelligence. Ce n’est pas qu’elles manquent d’envie. C’est qu’il y a parfois un décalage entre ce qu’elles voudraient vivre et ce que leur système est réellement capable de porter au quotidien.
C’est aussi pour cela que je ne réduis pas mon approche à des “astuces”. Je travaille avec une lecture plus large : le corps, les émotions, l’esprit. C’est cette approche que j’ai développée au fil des années, comme coach anti-procrastination et naturopathe, et qui continue d’évoluer avec la pratique.
Formé par le Dr Richard Meyer (EEPSSA), j’ai accompagné plus de 130 clients avec cette vision d’un passage à l’action plus soutenable, plus incarné, plus cohérent.
Pourquoi votre cerveau a besoin d’un vrai carburant
C’est un fait très simple, mais qu’on oublie souvent : le cerveau est un organe biologique.
On lui demande pourtant des miracles. Décider. Résister à la tentation. Se concentrer. Prioriser. Démarrer une tâche difficile. Gérer la frustration. Maintenir l’effort. Réguler l’humeur. Prendre du recul. Rester aimable. Tenir sa parole. Et tout cela parfois avec peu de sommeil, trop d’écrans, une alimentation industrielle et du stress en continu.
À un moment donné, cela coince.
Le cerveau représente une petite partie de notre poids corporel, mais il est extrêmement gourmand en énergie. Si l’énergie baisse, si le système s’épuise, il devient mécaniquement plus tentant d’aller vers ce qui soulage vite : sucre, distractions, scroll, café, évitement, grignotage, vidéos courtes, promesse de plaisir immédiat.
C’est humain.
Et c’est là que la procrastination prend parfois une autre couleur. Elle n’est plus seulement une fuite psychologique. Elle devient aussi une stratégie de moindre coût énergétique. Au lieu de faire ce qui compte, le cerveau choisit ce qui coûte moins cher tout de suite.
Vu comme ça, le problème change déjà de visage.
Ce que la glycémie change dans une journée
Je vais vous parler d’une scène banale.
Vous vous levez fatigué.
Vous prenez votre téléphone très vite.
Vous mangez un petit-déjeuner très sucré : croissant, jus industriel, céréales croustillantes, confiture, pain blanc.
Sur le moment, vous avez l’impression que cela vous relance.
Mais quelques heures plus tard, l’énergie redescend.
Et quand elle redescend, vous avez plus envie de quoi ?
De quelque chose de facile.
De quelque chose de rapide.
De quelque chose qui récompense.
C’est souvent là que commencent les petites décisions qui dérèglent le reste de la journée : un autre sucre, un café de trop, du grignotage, des écrans, de la dispersion, une tâche importante repoussée “à plus tard”.
Dans ma propre expérience, j’ai très clairement observé cela. Quand je mange lourd, raffiné, ou trop sucré, je me sens moins stable, moins lucide, moins endurant. Et quand j’entre dans des prises répétées de sucre rapide, je vois aussi que cela peut me rendre plus nerveux, plus irritable, ou plus à plat. Ce n’est pas un grand concept théorique. C’est du vécu.
À l’inverse, quand je mange plus simple, plus complet, plus vivant, je sens une autre qualité de présence. Plus de légèreté. Plus de clarté. Une meilleure digestion. Et surtout, une énergie plus propre.
Cela ne résout pas tout. Mais cela change le terrain.
Pourquoi l’axe intestin-cerveau mérite votre attention
On parle de plus en plus du microbiote, parfois à tort et à travers. Pourtant, derrière les effets de mode, il y a une idée profonde et sérieuse : l’intestin et le cerveau dialoguent en permanence.
Ce que vous mangez ne sert pas seulement à “faire tourner le corps”. Cela influence aussi votre humeur, votre concentration, votre sensation d’élan, votre capacité à bien récupérer, votre rapport au stress.
Dans la vidéo, j’insiste sur ce point : si vous nourrissez votre système avec des aliments pauvres en nutriments, ultra-transformés, riches en sucres rapides, en sel, en mauvaises graisses et en raffinés, vous ne donnez pas à votre organisme les meilleures conditions pour produire une régulation stable.
Bien sûr, il faut rester nuancé. L’alimentation n’explique pas toute l’anxiété, toute la fatigue, toute la procrastination. Ce serait absurde. Mais l’inverse est tout aussi absurde : faire comme si ce que vous mangez n’avait aucun effet sur votre capacité à bien vivre, à bien penser, à bien agir.
C’est ici qu’une phrase toute simple peut aider : un organisme déréglé rend l’action plus difficile que nécessaire.
Cette phrase, à elle seule, mérite qu’on ralentisse.
Parce qu’elle enlève de la honte, sans enlever la responsabilité.
Le vrai cercle vicieux : fatigue, écrans, sucre, culpabilité
Quand j’observe certaines journées, chez moi parfois, chez d’autres souvent, je vois un enchaînement assez clair.
On dort moins.
On récupère moins bien.
On prend son téléphone au réveil.
On stimule très tôt le circuit de la récompense.
On mange vite ou trop sucré.
L’énergie monte, puis chute.
On cherche un nouveau shoot.
On se disperse.
On reporte l’essentiel.
Puis on culpabilise.
Et comme on culpabilise, on cherche encore plus facilement du réconfort immédiat.
C’est là qu’on se retrouve piégé. Non pas seulement dans une mauvaise habitude, mais dans une boucle.
Dans la vidéo, je parle aussi du plaisir facile qui devient maître à bord : sucre, vidéos, scroll, distraction, petites récompenses répétées. Le problème n’est pas le plaisir en soi. Le problème, c’est quand le système ne sait plus très bien différencier ce qui nourrit durablement de ce qui soulage brièvement.
Il y a une grande différence entre :
- un plaisir qui vous laisse plus vivant après
- et un plaisir qui vous vide tout en vous donnant envie d’en reprendre
Cette distinction me semble essentielle.
Une histoire très concrète : la mauvaise matinée
Je me lève.
J’ai mal dormi.
Mon téléphone est à côté du lit.
Je scrolle dès les premières minutes.
Je ne prends pas le temps de sentir comment je vais, ni ce que je veux vraiment aujourd’hui.
Je prends l’actualité, des notifications, des vidéos, des stimuli.
Puis je mange sucré, vite, sans vraie conscience.
Je crois me réveiller.
En réalité, j’ai déjà commencé à m’éparpiller.
À 10 h 30 ou 11 h, je suis moins stable. J’ai du mal à attaquer le fond. Je me sens plus attiré par des choses simples, brillantes, rapides. Je négocie avec moi-même. Je reporte un peu. Puis encore un peu.
Cette histoire-là, beaucoup de gens la vivent.
Et le plus triste, c’est qu’ils en tirent parfois cette conclusion :
“Je suis nul.”
Alors que la vraie conclusion pourrait être :
“Je me suis mis dans des conditions biologiques et attentionnelles qui rendent la journée plus difficile.”
Ce n’est pas du tout pareil.
Une autre histoire : la matinée qui remet du mouvement
Je me lève.
Je ne vais pas tout de suite sur mon téléphone.
Je laisse un peu d’espace.
Je me réveille vraiment.
Je prends une douche. Si le froid me fait du bien, j’en mets un peu.
Je mange quelque chose de plus stable : un fruit entier, une bonne graisse, des protéines, quelque chose de plus vivant que du sucre rapide.
Je respire.
Je pense à mes priorités.
Je protège mon attention avant de la donner au monde.
Là, je ne suis pas parfait. Je ne suis pas devenu un moine biohackeur. Je suis juste quelqu’un qui aide son système au lieu de l’attaquer dès le matin.
Et cela change beaucoup.
C’est cela, au fond, que je retiens du biohacking quand il est bien compris. Pas l’accumulation de gadgets. Pas la fascination pour la performance. Plutôt l’art d’observer ce que certaines habitudes produisent réellement dans votre corps, votre énergie, votre mental, puis d’ajuster avec honnêteté.
Comment recréer un cercle vertueux au quotidien
Je n’aime pas les approches extrêmes. Elles culpabilisent souvent plus qu’elles n’aident. Je préfère un mouvement réaliste.
Voici une base simple.
Commencez par ne pas donner votre attention au téléphone dès le réveil.
Ensuite, regardez votre premier repas. Est-ce qu’il vous stabilise, ou est-ce qu’il vous lance déjà dans une journée de montagnes russes ?
Ajoutez du vivant dans l’assiette. Plus de fibres. Plus d’aliments complets. Plus de légumes. Moins de produits ultra-transformés. Pas pour devenir obsessionnel. Pour soutenir le terrain.
Respectez mieux le sommeil. Là aussi, sans perfectionnisme. Mais avec lucidité. Le sommeil n’est pas un luxe. Ce n’est pas une variable d’ajustement. C’est un pilier.
Observez aussi vos envies de compensation. Est-ce vraiment de la faim ? Ou est-ce de la fatigue, du stress, de la solitude, de l’ennui, une surcharge décisionnelle ?
Et surtout, cherchez moins la perfection que la trajectoire.
Une journée plus stable vaut mieux qu’une résolution héroïque suivie d’un craquage.
À retenir avant d’aller plus loin
Si vous procrastinez beaucoup en ce moment, posez-vous ces questions :
- Ai-je assez dormi ces derniers jours ?
- Est-ce que je commence mes journées en nourrissant la dispersion ?
- Est-ce que mes repas me stabilisent ou me dérèglent ?
- Est-ce que je demande à mon cerveau des performances sans lui donner assez de soutien ?
- Est-ce que je me juge au lieu d’observer ?
Ces questions sont simples. Mais elles peuvent déjà déplacer beaucoup de choses.
Les erreurs fréquentes
La première erreur, c’est de croire qu’il suffira de “mieux manger” pour tout régler. Non. La procrastination peut aussi être émotionnelle, psychologique, existentielle. Elle peut venir d’un manque de clarté, d’un conflit intérieur, d’une peur, d’une tristesse, d’un objectif qui ne vous nourrit pas vraiment. C’est aussi pour cela que je parle d’une approche en trois plans : physiologique, émotionnel, mental.
La deuxième erreur, c’est de tout psychologiser et d’oublier le corps.
La troisième, c’est de vouloir tout changer d’un coup. Généralement, cela produit plus de tension que de transformation.
La quatrième, c’est de confondre plaisir et soutien. Tout ce qui fait plaisir ne vous aide pas forcément à vivre mieux.
La cinquième, c’est de transformer une difficulté actuelle en identité définitive. Vous n’êtes pas “un procrastinateur” par essence. Vous êtes peut-être quelqu’un qui, pour l’instant, n’a pas retrouvé un système assez stable pour agir comme il le voudrait.
Et ça, ça peut se travailler.
Ressources utiles
Pour approfondir votre compréhension de la dispersion et de la concentration, vous pouvez lire aussi les articles de cette catégorie :
https://www.coach-anti-procrastination.com/category/dispersion/
Pour découvrir votre profil, vous pouvez faire le test ici :
https://www.coach-anti-procrastination.com/test-votre-type-de-procrastination-selon-letat-actuel-de-la-science/
J’ai aussi parlé de ces sujets dans d’autres vidéos, notamment autour de la dépolarisation :
https://youtu.be/rTpCiVa9Pg8?si=tbSK4pNz9k_dcmff
Et sur le désir :
https://youtu.be/6Vm_B3R3Dno?si=lN2SRT_Gx4iG9IoP
FAQ
Oui, parce qu’elle influence votre énergie, votre stabilité, votre humeur et votre concentration. Elle n’explique pas tout, mais elle peut clairement aggraver ou soulager le terrain.
Souvent oui. Chez certaines personnes, les sucres rapides entretiennent un cycle de pics, de chutes, de fringales, puis de recherche de confort immédiat. Cela peut nourrir la dispersion et le report.
Il peut participer au terrain global, notamment via l’axe intestin-cerveau. Ce n’est pas un bouton magique, mais ce n’est pas un détail non plus.
Non. Le sujet n’est pas de se punir. Le sujet est de distinguer ce qui vous soutient vraiment de ce qui vous dérègle trop souvent.
Parce qu’un manque de sommeil fragilise souvent l’autocontrôle, la stabilité émotionnelle, la satiété et la capacité à faire ce qui demande un effort.
Très souvent : retarder l’usage du téléphone le matin et stabiliser le premier repas. C’est simple, mais puissant.
Alors il faut l’accueillir comme tel. L’alimentation aide, mais elle ne remplace pas un travail sur les émotions, les blocages, le sens, la direction de vie et les habitudes profondes.
Conclusion
Je crois que nous avons besoin d’un regard plus juste sur la procrastination.
Un regard moins moral.
Moins brutal.
Moins simpliste.
Parce que non, tout ne vient pas de l’assiette. Mais non, tout ne vient pas non plus d’un prétendu manque de volonté.
Cette semaine, dans ma vidéo, j’ai voulu remettre cette idée au centre : votre corps compte. Votre énergie compte. Votre sommeil compte. Votre glycémie compte. Votre microbiote compte. Et la qualité de votre attention, dès le réveil, compte énormément.
Depuis plus de 20 ans, j’expérimente sur moi-même une alimentation plus vivante, plus simple, plus consciente.
Et la lecture du livre Biohacking de Denys Coester m’a redonné envie de rappeler quelque chose d’essentiel : on ne peut pas demander à quelqu’un de se remettre profondément en mouvement tout en négligeant les bases biologiques de son élan.
Alors avant de vous accuser, essayez peut-être de vous observer autrement.
Pas seulement en vous demandant :
“Pourquoi je n’y arrive pas ?”
Mais aussi :
“Qu’est-ce qui, dans ma façon de vivre, rend aujourd’hui l’action plus difficile qu’elle ne devrait l’être ?”
Rien que cette question peut déjà ouvrir une porte.
Recevez gratuitement ma Lettre Anti-Procrastination et le guide pour remettre du mouvement dans vos journées :
https://www.coach-anti-procrastination.com/lettre/
Et si vous sentez que cela tourne en boucle depuis trop longtemps, je peux aussi vous accompagner en coaching à Paris 11 ou en visio :
https://www.coach-anti-procrastination.com/coach-de-vie-paris-11/


2 réflexions sur “Ce que le biohacking m’a appris sur la procrastination”
J’ai trouvé l’approche de cet article intéressante, car il aborde le problème de la procrastination à partir de l’alimentation. Ce n’est pas ce que j’y vois d’habitude au premier plan, mais il est toujours très productif, pour ne pas dire créatif, de tourner les problèmes difficiles à résoudre pour les examiner d’un nouvel angle, d’une nouvelle perspective, et ainsi découvrir des facteurs dont on n’aurait pas conscience autrement.
Merci de votre partage Dieter.