Podcast: Play in new window | Download (67.6MB)
S'inscrire au Podcast via une plate forme : RSS

Pendant longtemps, on nous a vendu une image très propre du champion.
Quelqu’un de discipliné, équilibré, solide, impeccable.
Franchement, je n’y crois pas. Et plus j’accompagne des personnes intelligentes, sensibles, ambitieuses mais bloquées, plus je vois l’inverse : ce qui fait la force n’est pas l’absence de faille. C’est la manière de composer avec elles.
En lisant La psychologie des champions du Dr Anthony Mette, j’ai retrouvé quelque chose que j’observe souvent en coaching : les profils qui avancent loin ne sont pas toujours les plus “lisses”.
Ils sont souvent plus intenses, plus extrêmes, plus atypiques.
Et ce constat peut changer votre regard sur vous-même.
Table of Contents
ToggleEn bref
- Les champions sont rarement (vous jamais) des modèles d’équilibre.
- Certains traits jugés “difficiles” peuvent devenir des avantages.
- Le vrai enjeu n’est pas de devenir normal, mais de mieux se connaître.
- Passer à l’action demande souvent plus d’acceptation que de violence contre soi (cependant les champions aiment et se font violence quotidiennement).
Envie d’avancer sans vous éparpiller ? Je partage dans ma Lettre Anti-Procrastination des pistes concrètes pour remettre du mouvement dans votre vie.
Pourquoi l’image du champion “parfait” est trompeuse

Je vais être direct : beaucoup de gens restent bloqués parce qu’ils s’imaginent que pour réussir, il faudrait devenir plus sages, plus calmes, plus réguliers, plus “propres” intérieurement.
Or le tableau est souvent plus complexe.
Le livre d’Anthony Mette part justement de cette question : les champions ont-ils un mental différent ?
Sa réponse n’est pas celle d’une perfection psychologique.
Elle va plutôt vers des profils marqués, parfois intenses, parfois même déséquilibrés sur certains plans, mais capables d’utiliser cette intensité dans une direction donnée.
C’est important pour moi de le dire, parce que beaucoup de personnes que j’accompagne souffrent moins d’un manque de potentiel que d’un mauvais rapport à leur propre fonctionnement.
- Elles veulent entrer dans un moule.
- Elles veulent corriger toute aspérité.
- Elles veulent se normaliser.
- Et souvent, c’est là qu’elles perdent leur élan.
Je ne dis pas qu’il faut idéaliser les troubles, ni romantiser la souffrance.
Je dis autre chose : un trait qui vous complique parfois la vie peut aussi contenir une force brute.
- C’est vrai dans le sport.
- C’est vrai dans la création.
- C’est vrai dans la vie professionnelle.
- Et c’est vrai aussi dans le combat contre la procrastination.
Quels traits atypiques retrouve-t-on souvent chez les champions ?

La réponse courte, c’est qu’on retrouve souvent chez eux des fonctionnements plus intenses que la moyenne.
La littérature scientifique récente sur la neurodiversité dans le sport de haut niveau confirme que le sujet est réel, même si les profils sont très variés et qu’il faut éviter les raccourcis simplistes.
Le TDAH ou les traits d’impulsivité
Le TDAH est souvent associé à des difficultés de concentration dans certains contextes.
Mais dans d’autres, il peut aussi s’accompagner d’énergie, de recherche de stimulation, de réactivité et d’engagement élevé.
Une revue sur les athlètes note justement que certaines caractéristiques du TDAH peuvent influencer le choix du sport et la progression vers un niveau élevé.
Autrement dit : ce qui vous disperse dans un bureau peut parfois devenir un avantage dans un environnement plus dynamique.
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/17547490
L’hypersensibilité ou l’hyper-réceptivité
Sentir plus fort, percevoir plus, être plus touché par l’ambiance, les détails, les sons, les tensions, ce n’est pas “être faible”.
Les travaux sur la sensibilité du traitement sensoriel montrent qu’une sensibilité élevée existe, avec des effets à la fois coûteux et potentiellement féconds selon le contexte. Elle peut accroître la vulnérabilité au stress, mais aussi la finesse de perception et la profondeur de traitement.
Je le vois souvent : une personne hypersensible capte énormément. Si elle ne sait pas se réguler, elle s’épuise.
Si elle apprend à s’écouter, elle gagne une qualité de lecture du réel très précieuse.
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/41188085
Les profils très routiniers, obsessionnels ou focalisés

Dans certains cas, la répétition, la rigueur, le besoin d’ordre ou la fixation sur un objectif peuvent devenir des atouts redoutables.
Ce peut-être des profils ayant le trouble obsessionnels-compulsifs. Obsédés par l’ordre, le travail, les procédés. Ils peuvent être rigides et détestent l’imprévu.
Bien sûr, poussés trop loin, ces traits peuvent coûter cher (manque de présence pour ses proches. Workalcoolisme).
Mais bien orientés, ils créent de la constance et de la performance.
Le perfectionnisme
Le perfectionnisme peut booster l’exigence, mais il est aussi lié à plus de détresse psychologique quand il devient rigide ou autocritique.
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/41188085
Il faut donc distinguer la haute exigence constructive de la tyrannie intérieure.
Les champions ont en général selon le Dr Mette, un trait de perfectionnisme positif.
C’est un point clé : beaucoup de personnes confondent ambition et violence contre soi.
Pourquoi cela me parle aussi pour la procrastination
Ce sujet me passionne parce qu’il renverse une croyance toxique : “si je procrastine, c’est parce que j’ai un problème de discipline”.
Non. Pas seulement.
- Parfois, vous procrastinez parce que votre système est saturé.
- Parfois parce que vous pensez trop.
- Parfois parce que vous sentez trop.
- Parfois parce que vous visez trop haut d’un coup.
- Parfois parce que vous avez un rapport instable à l’énergie, au temps, au stress ou à la récompense.
Voici d’autres articles explorant la procrastination.
Et là, tout change.
Parce qu’au lieu de vous juger, vous commencez à vous lire.
Je rencontre souvent des personnes très lucides, capables de comprendre énormément de choses sur elles-mêmes, mais qui n’arrivent pas à transformer cette lucidité en action durable.
C’est exactement une des douleurs principales des personnes que j’accompagne :
- savoir sans faire,
- vouloir sans tenir,
- sentir qu’il y a de la vie en soi mais ne pas réussir à lui donner une forme régulière.
C’est aussi pour cela que le concept de grit m’intéresse, à condition de ne pas le caricaturer.
Angela Duckworth le définit comme une combinaison de persévérance et de passion pour des objectifs de long terme. Ses travaux montrent un lien avec différents indicateurs de réussite, mais pas une formule magique.
Je le dis ainsi : la persévérance compte, oui. Mais elle n’est vraiment utile que si elle repose sur une connaissance honnête de soi.
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/17547490
Comment transformer ses traits intenses en levier d’action

La réponse n’est pas de nier votre fonctionnement. La réponse est de l’apprivoiser.
1. Nommer honnêtement votre profil
Je ne parle pas ici d’auto-diagnostic sauvage. Je parle d’honnêteté.
Êtes-vous plutôt
- impulsif ?
- Très sensible ?
- Dispersé (créatif.ve) ?
- Obsessionnel ?
- Hyper-analytique ?
- Perfectionniste ?
- En surcharge sensorielle ?
- Très fluctuant selon votre niveau d’énergie ?
- Etc…
Mettre des mots apaise souvent une guerre intérieure. Encore plus si vous la partagez à une personne de confiance.
2. Arrêter de viser le fonctionnement “normal”
Le piège, c’est de vouloir fonctionner comme quelqu’un d’autre.
Si vous avez une pensée en arborescence, vous n’allez pas devenir linéaire par décret.
Si vous êtes hypersensible, vous n’allez pas devenir imperméable parce que cela vous arrangerait.
Le vrai travail consiste à bâtir une écologie de vie compatible avec votre nature.
3. Distinguer la force et le coût de chaque trait
Je vous conseille cet exercice simple :
| Trait | Ce qu’il me coûte | Ce qu’il peut m’apporter |
|---|---|---|
| Hypersensibilité | Surcharge, fatigue | Finesse, intuition |
| Impulsivité | Dispersion | Élan, vitesse d’entrée en action |
| Perfectionnisme | Blocage, peur d’échouer | Exigence, qualité |
| Pensée foisonnante | Trop d’idées | Créativité, vision |
Rien que cela change déjà le regard.
4. Créer des règles de compensation
Un trait intense demande un cadre plus intelligent.
Si vous êtes dispersé : réduisez les options.
Si vous êtes hypersensible : protégez votre environnement.
Si vous êtes perfectionniste : imposez-vous des versions imparfaites.
Si vous êtes impulsif : convertissez l’impulsion en micro-départ.
5. Travailler avec le corps
Je le répète souvent : ce n’est pas “que dans la tête”. Le corps guide aussi.
Sommeil, fatigue, tensions, charge sensorielle, respiration, mouvement, écrans : tout cela influence directement le passage à l’action.
L’excès de charge altère la qualité mentale, et le sport intensif lui-même peut dégrader l’humeur quand la récupération ne suit pas.
https://www.eurekalert.org/news-releases/952529
C’est aussi pour cela que mon approche ne se limite pas à des conseils mentaux.
Elle articule corps, émotions et esprit, avec un objectif simple : remettre du mouvement juste.
6. Accepter que même les “fort.es” doutent
Beaucoup de personnes croient que le doute est la preuve qu’elles ne sont pas faites pour avancer.
C’est faux.
Le syndrome de l’imposteur touche aussi des personnes objectivement compétentes et accomplies.
Les revues scientifiques montrent qu’il peut concerner une large part des profils à haut niveau d’exigence.
Donc non : douter n’annule pas votre valeur. Cela vous rappelle juste que vous êtes humain.
À retenir
Votre objectif n’est pas de devenir lisse.
Votre objectif est de devenir lisible pour vous-même.
Exemple concret
Imaginons quelqu’un de brillant, très sensible, avec beaucoup d’idées, mais qui reporte toujours ses projets importants.
Avant, il se disait :
“Je suis nul, je manque de discipline.”
Maintenant, il se dit :
“J’ai un profil qui sature vite, qui vise haut, qui pense beaucoup et qui s’épuise quand tout reste flou.”
Rien qu’avec ce changement, la stratégie change :
- moins d’objectifs en parallèle ;
- plus de récupération ;
- une tâche essentielle par jour ;
- moins d’écrans le soir ;
- un cadre externe pour tenir (Le Club [Accélération] par exemple) ;
- une version imparfaite lancée vite.
Voilà comment on passe de la culpabilité à la construction.
À ce sujet, vous pouvez aussi faire mon test de type de procrastination pour mieux comprendre votre fonctionnement de départ.

Les erreurs fréquentes quand on se découvre atypique
Erreur 1 : tout expliquer par une étiquette
Une étiquette peut aider à comprendre. Elle ne doit pas servir à abandonner votre pouvoir d’action.
Erreur 2 : glorifier ses excès
Ce n’est pas parce qu’un trait peut devenir une force qu’il faut le laisser gouverner toute votre vie.
Erreur 3 : se violenter pour compenser
Je vois souvent cela chez les profils ambitieux : ils sentent qu’ils sont instables, alors ils se punissent. Cela marche parfois trois jours. Puis tout retombe.
Erreur 4 : rester seul trop longtemps
Quand on pense beaucoup, on peut rester coincé dans sa propre boucle. C’est là qu’un cadre humain aide.
Si vous sentez que ça tourne en rond, je peux vous accompagner à Paris 11 ou en visio pour remettre de la clarté, du rythme et de l’action dans votre vie :
Pourquoi cette approche marche
Je ne crois pas à la solution miracle. Je crois à une lecture plus juste de soi, puis à une mise en mouvement réaliste.
C’est ce que je travaille avec mes clients : comprendre le blocage sans s’y réduire, retrouver un cadre sans se rigidifier, avancer sans se maltraiter.
Cette approche s’appuie sur un travail corps-émotions-esprit.
J’ai été formé par le Dr Richard Meyer (EEPSSA) et j’ai accompagné plus de 130 personnes, avec cette idée simple : on ne sort pas durablement de la procrastination en se faisant la guerre.
Pour celles et ceux qui ont aussi besoin d’un cadre de groupe et de constance, j’ai également prévu un espace dédié : le Club Accélération.
Mon plan concret sur 7 jours
Jour 1
J’identifie le trait qui me complique le plus la vie en ce moment.
Jour 2
J’écris noir sur blanc ce qu’il me coûte et ce qu’il m’apporte.
Jour 3
Je simplifie mon environnement : moins de sollicitations, moins d’onglets, moins de dispersion.
Jour 4
Je choisis une seule action importante de 15 minutes.
Jour 5
J’observe mon état physique avant d’accuser mon mental.
Jour 6
Je remplace une exigence parfaite par une action imparfaite mais réelle.
Jour 7
Je fais le bilan : qu’est-ce qui m’aide vraiment à agir selon ma nature ?
FAQ
Pas tous, et pas de la même manière. L’idée juste, c’est qu’ils ne sont pas forcément psychologiquement lisses. On retrouve souvent chez eux des traits plus intenses ou plus atypiques. C’est le Dr Anthony Mette qui le dit.
Dans certains contextes, oui. Certaines caractéristiques associées au TDAH peuvent favoriser la réactivité, l’énergie ou la recherche de stimulation, à condition qu’elles soient bien accompagnées.
Elle ne garantit rien. En revanche, elle peut devenir un atout de perception, d’intuition et de finesse si la personne apprend à se réguler.
Parce qu’être capable ne suffit pas. Il faut aussi une énergie disponible, un cadre adapté et un mode d’action cohérent avec votre fonctionnement.
Oui. Il concerne souvent des personnes objectivement compétentes qui ont du mal à intégrer leur réussite.
Pas forcément. Parfois, mieux observer votre fonctionnement suffit déjà à mieux agir. Si la souffrance est forte ou ancienne, un professionnel de santé peut aider à clarifier.
Conclusion
Ce que je retiens de la psychologie des champions, ce n’est pas qu’il faudrait devenir extrême ou obsessionnel pour réussir.
C’est plus profond.
Je retiens que la force n’est pas l’absence de faille. La force, c’est la lucidité.
C’est la capacité à reconnaître sa nature, à ne plus se haïr pour elle, puis à bâtir une manière d’avancer avec elle.
Vous n’avez peut-être pas besoin de devenir quelqu’un d’autre.
Vous avez peut-être besoin de devenir plus fidèle à votre propre fonctionnement.
Et c’est souvent là que l’action redevient possible.
Xavier
Podcast

Cliquez ici pour écouter sur SPOTIFY
Cliquez-ici pour l’écouter sur DEEZER
Cliquez-ici pour l’écouter sur APPLE PODCAST
Si cet article vous parle, dites-moi en commentaire dans quel trait vous vous reconnaissez le plus : hypersensibilité, TDAH, HPI, perfectionnisme, besoin de routine, goût du risque, syndrome de l’imposteur… ou autre chose encore.
Et si vous sentez que votre procrastination, votre dispersion ou votre fatigue mentale cachent quelque chose de plus profond, je peux vous accompagner pour remettre de la clarté, de l’élan et du mouvement dans votre vie.
Je reçois en coaching à Paris 11 et en visio.
Vous pouvez prendre rendez-vous ici :
https://www.coach-anti-procrastination.com/coach-de-vie-paris-11/
Et pour commencer gratuitement, vous pouvez aussi recevoir la Lettre + le Guide Anti-Procrastination ici :
https://www.coach-anti-procrastination.com/lettre/


1 réflexion sur “La psychologie des champions : ce que leurs failles peuvent vous apprendre pour passer à l’action”
Intéressant cet énoncé qui dit que “les champions ne sont pas des gens normaux”. En même temps de telles généralisations restent toujours osées et ouvertes à des critiques.