Méthode Demartini : fonctionnement, principes, science et mon regard de coach

Méthode Demartini

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Méthode Demartini : fonctionnement, principes, science et mon regard de coach

La méthode Demartini, développée par John Demartini, repose sur un principe qui paraît simple : notre manière de percevoir une situation influence nos émotions, nos décisions et finalement nos actions.

Xavier Foucher — Coach anti-procrastination · 26 min de lecture · Publié le 6 octobre 2026

Plutôt que d’essayer uniquement de « penser positif », la méthode propose un travail structuré de questionnement destiné à examiner ce que nous ne voyons peut-être pas encore dans une situation : les avantages et les inconvénients, les gains et les pertes, ce que nous admirons ou rejetons chez les autres, mais aussi les valeurs qui orientent réellement notre comportement.

Sur le papier, je trouve plusieurs de ces idées extrêmement intéressantes.

Mais je tiens à être clair dès le départ : je ne suis pas formé à la méthode Demartini et je ne la pratique pas en tant que telle dans mes accompagnements. Je ne vais donc ni vous la vendre, ni prétendre juger son efficacité globale après quelques lectures.

Mon objectif ici est différent : comprendre ce que John Demartini propose, distinguer ce qui relève de sa philosophie de ce qui bénéficie d’un soutien scientifique, expliquer ce que j’en retiens comme coach, et pointer également les limites et les questions que cette approche soulève.

C’est précisément ce qui manque souvent lorsqu’on cherche « méthode Demartini » sur Internet : soit on tombe sur les ressources de l’Institut Demartini lui-même, soit sur des présentations très favorables de la méthode. Je préfère ici adopter une position plus indépendante.

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Méthode Demartini : la définition en quelques lignes

La méthode Demartini est un processus structuré d’introspection et de questionnement développé par John Demartini.

L’Institut Demartini la présente comme un « processus cognitif structuré » permettant de recadrer les perceptions, de réduire ou « neutraliser » certaines charges émotionnelles et d’obtenir davantage de clarté. Le principe annoncé est que la modification de nos perceptions peut ensuite modifier nos décisions et nos comportements.

Autrement dit, ce n’est pas d’abord une méthode de méditation, de relaxation ou de travail corporel.

Le cœur de la démarche est le questionnement.

Une situation paraît entièrement mauvaise ? On interroge cette perception.

Une personne semble posséder toutes les qualités que nous n’avons pas ? On examine cette conclusion.

Nous éprouvons un ressentiment important contre quelqu’un ? On cherche ce que notre perception laisse éventuellement de côté.

Nous poursuivons un objectif sans parvenir à agir ? On s’interroge notamment sur sa place dans notre véritable hiérarchie de valeurs.

Je résumerais donc l’intention ainsi :

sortir d’une vision unilatérale de la réalité pour retrouver une perception plus complète.
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Qui est le « Dr » John Demartini ?

Cette précision me semble utile parce que son titre peut prêter à confusion lorsqu’on le voit parler de psychologie, de neurosciences, d’émotions ou de dépression.

John Demartini est chiropracteur de formation. Il a étudié au Texas Chiropractic College, dont il est diplômé de la promotion 1982. Son titre de « Dr » correspond donc à son diplôme professionnel de Doctor of Chiropractic ; il n’est pas médecin psychiatre ni docteur en psychologie.

Cela n’invalide évidemment pas automatiquement ce qu’il dit sur le comportement humain. Une idée doit être évaluée sur son contenu et ses preuves, pas uniquement sur le diplôme de son auteur.

Mais lorsque nous abordons des sujets comme la dépression, les traumatismes, le cerveau ou la psychothérapie, il est sain de savoir précisément d’où parle la personne.

J’avais déjà consacré un article plus général à John Demartini, son parcours et sa pensée, si vous souhaitez approfondir qui il est avant d’explorer sa méthode.

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Comment ai-je découvert John Demartini ?

Je suis arrivé à Demartini par un chemin assez détourné.

J’avais interviewé Pierre David, ancien champion de boxe française et spécialiste de la préparation mentale. En l’écoutant, je reconnaissais certaines idées que j’avais déjà rencontrées chez Mani Hesam, dont j’avais beaucoup étudié le travail, notamment son livre Le Muscle du Bien-être et son approche SANE.

À la fin de notre échange, j’ai demandé à Pierre David s’il connaissait Mani Hesam. Il m’a expliqué s’être formé auprès de lui et m’a également parlé de l’influence de John Demartini.

C’est ce qui m’a poussé à aller regarder plus sérieusement le travail de Demartini.

C’est notamment au cours de mon échange avec Pierre David que cette filiation intellectuelle m’est apparue. Vous pouvez retrouver ici mon interview de Pierre David sur la peur de l’échec et la préparation mentale.

En découvrant Demartini, j’ai retrouvé des idées déjà rencontrées chez différents coachs : les valeurs, la perception, les opposés, l’admiration, le jugement, les bénéfices et les inconvénients d’une situation.

Mais c’est surtout sa manière de relier les opposés qui m’intéresse.

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Le principe que je trouve le plus puissant : relier les opposés

Nous avons facilement tendance à découper le monde en catégories.

C’est bien ou mauvais.

J’ai gagné ou j’ai perdu.

Cette personne est admirable ou détestable.

Cette expérience aurait dû arriver ou ne jamais arriver.

Je suis courageux ou lâche.

Je suis généreux ou égoïste.

La pensée de Demartini cherche au contraire à faire apparaître ce que notre perception polarisée laisse de côté.

Une perte peut aussi libérer quelque chose.

Un gain peut avoir un coût.

Une qualité que j’admire possède éventuellement des inconvénients.

Un trait que je rejette peut, dans certaines circonstances, devenir une ressource.

Cela ne signifie évidemment pas que tout se vaut.

Il s’agit davantage d’une invitation à se demander :

« Est-ce que je vois réellement l’ensemble de la situation ou seulement la partie qui correspond à mon état émotionnel actuel ? »

C’est une question que je trouve profondément féconde.

J’ai d’ailleurs consacré un article entier à cette logique de dépolarisation, qui permet notamment d’explorer certains traits que nous refusons de nous autoriser.

J’ai développé plus précisément cette idée dans mon article sur la dépolarisation et les blocages que la discipline seule ne suffit pas toujours à résoudre.

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Il n’y a pas de gain sans perte… ni de perte sans gain ?

C’est probablement l’idée issue de cet univers qui m’aide le plus dans ma manière de penser.

Imaginez que je décide de consacrer énormément de temps à mon travail.

Je gagne quelque chose : progression, création, argent, expertise, réalisation de projets.

Mais je perds nécessairement autre chose : du temps disponible pour mes relations, ma récupération, ma santé, mes loisirs ou simplement pour ne rien faire.

À l’inverse, si je décide d’équilibrer parfaitement les différents domaines de ma vie, j’y gagne probablement en diversité et en récupération, mais je peux aussi ressentir une frustration : je dispose de moins de longues plages de concentration pour aller profondément dans un projet.

Le choix parfait, uniquement composé de bénéfices, existe rarement.

Cette manière de réfléchir me paraît particulièrement utile lorsque nous vivons une difficulté. Elle évite de transformer automatiquement toute perte en catastrophe absolue.

Cela ne revient pas à nier la perte.

Cela consiste à demander : qu’est-ce qui existe aussi de l’autre côté ?

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Accepter un événement et changer sa perception, est-ce la même chose ?

Je ferais une distinction.

L’acceptation peut déjà produire un apaisement.

Imaginons une baisse de chiffre d’affaires. Je peux commencer par constater : « Voilà la réalité actuelle. Mon chiffre d’affaires a diminué. Je n’aime pas forcément cela, mais je cesse de lutter contre le fait que cela soit arrivé. »

Le travail d’introspection peut ensuite aller plus loin :

Qu’est-ce que je projette sur cette baisse ? Est-ce que je ne vois réellement que des pertes ?

Une diminution du nombre de clients peut par exemple également signifier davantage de temps disponible pour créer, se former, réorganiser son activité ou simplement récupérer.

Cela ne transforme pas miraculeusement une baisse de revenus en bonne nouvelle.

Cela rend simplement la représentation moins simpliste.

Je résumerais ainsi :

Accepter, c’est cesser de combattre intérieurement le fait.

Reconsidérer sa perception, c’est examiner le sens que nous donnons à ce fait.

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Changer de perception peut-il réellement changer une émotion ?

Sur ce point, Demartini n’est évidemment pas le seul à travailler avec cette idée.

La psychologie scientifique étudie depuis longtemps la réévaluation cognitive, ou cognitive reappraisal. Elle consiste à modifier l’interprétation d’une situation afin d’en modifier l’impact émotionnel.

Une revue de McRae et Gross décrit précisément cette stratégie comme une modification de la manière dont une personne pense une situation afin d’influencer sa réponse émotionnelle. Une méta-analyse de travaux en neuro-imagerie retrouve également des mécanismes cérébraux associés à cette réévaluation.

C’est intéressant pour comprendre pourquoi une méthode reposant sur le questionnement des perceptions peut être psychologiquement plausible.

Mais attention à un raisonnement trop rapide.

Le fait que la réévaluation cognitive soit étudiée scientifiquement ne démontre pas automatiquement l’efficacité de la méthode Demartini dans son ensemble.

C’est une distinction fondamentale.

Une méthode propriétaire peut employer certains mécanismes ressemblant à des phénomènes déjà étudiés tout en ajoutant ses propres concepts, interprétations et procédures.

Prouver le mécanisme général n’est pas prouver tout le système.

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Méthode Demartini, admiration et rejet

Un autre aspect que je trouve particulièrement intéressant concerne ce que nous admirons et ce que nous rejetons chez les autres.

Quand nous admirons énormément quelqu’un, nous pouvons finir par le placer sur un piédestal.

« Il est brillant. Moi, je ne le suis pas. »

« Elle est charismatique. Moi, je ne pourrai jamais l’être. »

L’admiration, qui paraît positive, peut alors devenir douloureuse parce qu’elle s’accompagne d’une diminution de soi.

Inversement, lorsque nous rejetons très fortement un trait chez quelqu’un, il peut être intéressant de nous demander si nous n’avons pas nous-mêmes interdit toute expression de ce trait.

Quelqu’un qui s’oblige à être toujours gentil peut, par exemple, avoir du mal à exprimer une agressivité saine, à poser une limite ou à défendre ses intérêts.

Je ne présenterais pas cela comme une loi psychologique universelle.

Mais comme question d’introspection, je trouve l’angle très puissant.

La vente est d’ailleurs un bon exemple de comportement que l’on peut parfois critiquer chez les autres tout en ayant du mal à s’autoriser soi-même. J’ai consacré un contenu à cette question : comment vendre ses services avec cœur sans se sentir illégitime.

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Valeurs et procrastination : une idée de Demartini particulièrement intéressante

C’est en préparant cet article que j’ai approfondi un aspect que je connaissais moins : John Demartini relie très fortement hiérarchie des valeurs et procrastination.

Selon lui, nous sommes naturellement plus enclins à agir sur ce qui correspond à nos valeurs les plus élevées. Plus une activité descend dans notre hiérarchie réelle de priorités, plus nous risquons d’avoir besoin de motivation extérieure, d’hésiter ou de procrastiner.

Je trouve cette grille de lecture vraiment intéressante.

Nous poursuivons parfois des objectifs parce que nous pensons que nous devrions les poursuivre.

Il faudrait devenir entrepreneur.

Il faudrait gagner davantage.

Il faudrait être sportif.

Il faudrait publier tous les jours.

Il faudrait vouloir ce que les gens que nous admirons semblent vouloir.

Mais si un objectif est profondément éloigné de nos véritables priorités, il n’est finalement pas étonnant que notre comportement résiste.

La psychologie scientifique apporte d’ailleurs un élément compatible avec cette intuition. Le modèle d’auto-concordance des objectifs de Sheldon et Elliot montre que des objectifs davantage cohérents avec les intérêts et valeurs d’une personne sont associés à davantage d’effort soutenu et à une probabilité plus élevée de réalisation.

Là encore, cela ne valide pas automatiquement tout le modèle de Demartini.

Mais cela rend l’idée d’un alignement entre motivation, buts personnels et valeurs très crédible.

Attention : la procrastination ne se résume absolument pas aux valeurs

C’est ici que je m’éloignerais d’une interprétation trop simple.

Les recherches sur la procrastination montrent un phénomène beaucoup plus multifactoriel. La grande méta-analyse de Piers Steel identifie notamment l’aversion pour la tâche, le délai avant la récompense, le sentiment d’efficacité personnelle, l’impulsivité, la distractibilité et certains aspects de l’autorégulation. Une revue publiée en 2024 dans Nature Reviews Psychology rappelle également la complexité des mécanismes impliqués.

Une personne peut donc profondément tenir à un projet… et pourtant le repousser.

Elle peut être anxieuse.

Épuisée.

Perfectionniste.

Perturbée par une situation familiale ou professionnelle.

Captée par des récompenses immédiates plus puissantes.

Ou avoir simplement trop de choses à gérer simultanément.

J’ai par exemple accompagné une personne qui s’était mise à procrastiner alors qu’elle vivait une situation de harcèlement professionnel. Dans ce cas-là, réduire le problème à « votre objectif n’est probablement pas assez haut dans vos valeurs » aurait été beaucoup trop simpliste.

La procrastination était davantage un symptôme secondaire d’une situation qui la perturbait profondément.

C’est précisément pour cela que je me méfie des théories qui expliquent presque tous les comportements humains par un seul mécanisme.

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Demartini et l’idée d’un « ordre caché »

C’est là que la méthode devient philosophiquement beaucoup plus intéressante — mais aussi plus discutable scientifiquement.

Demartini raconte que l’une de ses grandes influences de jeunesse fut le philosophe Gottfried Wilhelm Leibniz, notamment son Discours de métaphysique et l’idée d’un ordre ou d’une perfection sous-jacente au monde.

Il explique avoir ensuite cherché des principes similaires dans la physique, les mathématiques, la cosmologie, la psychologie, la théologie et d’autres disciplines. Il raconte même qu’une analogie entre matière/antimatière en physique et états émotionnels opposés a participé à la genèse intuitive de sa méthode.

Personnellement, l’idée d’un univers possédant un ordre me parle.

Pour pouvoir comprendre le monde, agir dessus et construire quelque chose, il faut nécessairement certaines régularités. Si les lois physiques changeaient totalement toutes les cinq minutes, l’existence telle que nous la connaissons deviendrait difficilement concevable.

Les Grecs parlaient déjà du cosmos comme d’un monde ordonné.

Et la science révèle effectivement des régularités de plus en plus profondes du réel.

Mais il faut ici effectuer une séparation importante :

constater que l’univers possède des régularités physiques ne démontre pas qu’il existe une perfection morale ou métaphysique cachée derrière chaque événement humain.

De même, l’annihilation matière-antimatière en physique ne constitue pas une preuve scientifique qu’il faudrait « équilibrer deux émotions opposées ».

C’est une analogie philosophique.

Elle peut être inspirante.

Mais une analogie n’est pas une démonstration.

À mon sens, l’un des intérêts de Demartini est justement de pouvoir lire ces idées sur plusieurs niveaux : certaines comme outils psychologiques, certaines comme philosophie de vie et certaines comme propositions métaphysiques.

Il ne faut simplement pas confondre les trois.

Pour aller plus loin : mon expérience avec la loi de l’attraction

Ces questions sur nos perceptions, nos intentions et la manière dont nous orientons notre vie m’ont également amené à expérimenter et à réfléchir à la loi de l’attraction. J’ai rassemblé mon expérience et mon regard personnel dans une ressource dédiée que vous pouvez recevoir ci-dessous.

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La méthode Demartini est-elle scientifiquement prouvée ?

C’est probablement l’une des questions les plus importantes à poser en 2026.

Le site officiel affirme que la méthode s’appuie sur plus de cinquante années de recherche dans de nombreuses disciplines, notamment la psychologie, les neurosciences, la philosophie, les mathématiques, la physique et la physiologie.

Mais cinquante années de recherches personnelles et de synthèse intellectuelle ne signifient pas cinquante années d’essais cliniques démontrant l’efficacité de la méthode elle-même.

C’est une distinction essentielle.

Une nouveauté intéressante est toutefois apparue en 2026.

Le 21 août 2026, Kasia Wezowski et Ken Pierce ont publié une étude pilote évaluée par les pairs portant directement sur la méthode Demartini, avec pour objectif d’étudier sa faisabilité et des signaux préliminaires concernant les symptômes dépressifs et le fonctionnement social.

Douze personnes ont été recrutées et onze ont terminé dix séances en ligne. Les auteurs rapportent une diminution des symptômes dépressifs mesurés notamment avec le BDI-II et des signaux plus modestes concernant le fonctionnement social.

C’est intéressant.

Mais il faut regarder le protocole avant de crier à la validation scientifique.

Il s’agit d’une toute petite étude pilote, sans groupe contrôle, portant sur une population volontaire et non clinique. Elle ne permet donc pas de savoir ce qui relève précisément de la méthode, de l’attention thérapeutique, de l’évolution spontanée, des attentes des participants ou d’autres facteurs.

Les auteurs eux-mêmes présentent l’étude comme une étape préparatoire à un futur essai contrôlé randomisé.

Autre information importante pour interpréter les résultats : Ken Pierce, l’un des deux auteurs et celui qui a réalisé l’intervention, est praticien certifié de la méthode Demartini et propose professionnellement des services liés à celle-ci. Le conflit d’intérêts est explicitement déclaré dans la publication.

Ma conclusion à ce stade serait donc :

la méthode Demartini dispose désormais d’un premier signal empirique intéressant, mais les preuves disponibles restent beaucoup trop limitées pour parler d’une efficacité scientifiquement établie.

Il faudra notamment attendre des études indépendantes, avec davantage de participants, des groupes témoins et idéalement des essais randomisés contrôlés.

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« Scientifique » ne signifie pas « inspiré par la science »

Cette distinction mérite presque une section à elle seule.

Une méthode peut s’inspirer de physique, de neurosciences, de psychologie ou de biologie sans que toutes ses propositions deviennent scientifiques pour autant.

Pour qu’une affirmation soit scientifiquement solide, il faut pouvoir la formuler clairement, la tester, reproduire les résultats et confronter l’hypothèse à des explications concurrentes.

Certaines intuitions de Demartini rejoignent effectivement des phénomènes bien étudiés.

La réévaluation cognitive existe.

La perception influence l’expérience émotionnelle.

Les objectifs cohérents avec les valeurs personnelles peuvent favoriser la persévérance.

Les motivations autonomes et intrinsèques jouent un rôle important dans le comportement.

Mais cela ne signifie pas que chaque explication neuroscientifique, biologique, quantique ou métaphysique proposée autour de la méthode soit automatiquement validée.

Une philosophie peut être brillante sans que toutes ses propositions soient démontrées.

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Faut-il « neutraliser » les émotions ?

Le vocabulaire officiel de la méthode parle notamment de « neutralisation des charges émotionnelles ».

Je ne comprends pas pour autant la démarche comme une invitation à refouler les émotions.

Et ce serait, à mon sens, une mauvaise idée.

Une émotion doit déjà pouvoir être remarquée, vécue et reconnue.

La colère peut signaler qu’une limite a été franchie.

La peur peut attirer notre attention sur un danger.

La tristesse peut accompagner une perte réelle.

Mais reconnaître une émotion ne signifie pas nécessairement la cultiver indéfiniment.

Une colère constamment alimentée peut devenir terriblement souffrante.

Une tristesse peut envahir toute l’expérience — sans confondre évidemment tristesse normale et trouble dépressif.

L’enjeu devient donc moins :

« Comment supprimer cette émotion ? »

que :

« Comment l’écouter sans qu’elle devienne l’unique filtre à travers lequel je regarde le monde ? »

Sur ce terrain, le travail de questionnement de Demartini me paraît intéressant.

Mais je garde une réserve : dans ce que je connais actuellement de son approche, le travail semble très fortement cognitif.

Or nous ne sommes pas seulement des pensées.

Notre état corporel, notre fatigue, notre sommeil, notre niveau d’activation physiologique, notre environnement et notre histoire influencent également notre état émotionnel.

Une méthode de transformation humaine réellement globale devrait garder ces dimensions en tête.

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Méthode Demartini, TCC, thérapie des schémas ou approche de Carl Rogers : est-ce la même chose ?

Non.

Il peut exister des ressemblances ponctuelles, notamment parce que plusieurs approches travaillent sur les perceptions, les interprétations ou certains récits que nous construisons sur nous-mêmes.

Mais ce serait une erreur de mettre tout cela dans le même sac.

L’approche rogérienne repose notamment sur une relation d’écoute dans laquelle on fait profondément confiance à la capacité de la personne à explorer son expérience.

Les thérapies cognitives et comportementales disposent de leurs propres modèles, protocoles et corpus de recherches.

La thérapie des schémas travaille notamment sur les schémas précoces inadaptés et les modes qui se construisent au cours de l’histoire personnelle.

La méthode Demartini me paraît davantage reposer sur un protocole structuré de questions visant à transformer certaines perceptions polarisées.

Il peut donc exister des cousins conceptuels.

Cela n’en fait pas des méthodes équivalentes.

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Et face à un traumatisme important ?

C’est ici que je serais particulièrement prudent.

Lorsque quelqu’un vient de vivre un événement très douloureux, je ne suis pas persuadé que la première chose à faire soit de lui demander immédiatement :

« Quels bénéfices en avez-vous retirés ? »

Le moment, l’état de la personne, la relation d’accompagnement et sa capacité actuelle à travailler sur l’événement comptent énormément.

Chercher trop vite « le positif » peut devenir une manière de court-circuiter la souffrance plutôt que de la traverser.

Cela ne signifie pas qu’un travail de changement de perception n’aura jamais sa place.

Mais le timing compte.

L’Institut Demartini précise d’ailleurs désormais explicitement que sa méthode est un outil éducatif et de développement personnel et qu’elle ne vise pas à diagnostiquer, traiter, guérir ou prévenir les troubles psychologiques ou médicaux, ni à remplacer un professionnel de santé mentale.

Cette prudence me paraît bienvenue.

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Trop d’introspection peut-elle devenir une forme de procrastination ?

Absolument.

C’est même un paradoxe classique du développement personnel.

On peut passer des années à :

comprendre son enfance,

analyser ses valeurs,

chercher son blocage,

faire des tests,

écouter des podcasts,

lire des livres,

explorer ses croyances…

…et ne jamais faire ce qu’on voulait réellement faire.

Comprendre n’est pas toujours changer.

À un moment donné, il faut parfois accepter une part d’inconfort et agir.

Mais là encore, l’inverse existe.

Une personne enfermée dans l’hyperactivité, qui travaille sans cesse et ne s’arrête jamais, n’a probablement pas besoin qu’on lui dise de faire encore davantage.

Elle peut avoir besoin de recul.

L’équilibre dépend donc de la personne.

Quelqu’un qui réfléchit sans fin peut avoir besoin d’augmenter sa capacité d’action.

Quelqu’un qui agit compulsivement peut avoir besoin d’augmenter sa capacité d’introspection.

C’est justement pour cela que je préfère les approches adaptatives aux recettes universelles.

C’est notamment cette articulation entre réflexion, prise de recul et passage à l’action que je travaille dans mon groupe de développement personnel à Paris, le Club Accélération.

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Ce que je retiens vraiment de la méthode Demartini

Je ne peux pas vous dire : « Faites la méthode Demartini, elle fonctionne », parce que je ne l’ai pas suffisamment pratiquée et que je n’y suis pas formé.

En revanche, certaines idées ont clairement enrichi ma façon de penser.

La première est que notre perception d’une situation n’est pas nécessairement toute la situation.

La deuxième est que nos jugements excessivement positifs ou négatifs méritent parfois d’être interrogés.

La troisième est qu’un choix comporte généralement des bénéfices et des coûts.

La quatrième est que poursuivre des objectifs qui ne correspondent pas réellement à ce qui compte pour nous peut contribuer à certaines formes de procrastination ou de démotivation — sans expliquer évidemment toutes les procrastinations.

Et enfin, j’apprécie profondément cette invitation à accepter une vie faite de contrastes.

Je ne crois pas qu’une bonne vie soit une vie dans laquelle nous sommes constamment enthousiastes, heureux, stimulés et victorieux.

La recherche permanente du plaisir peut elle-même devenir une prison.

Il y a des moments pour le feu.

Il y a des moments pour le calme.

Des moments pour agir.

Des moments pour réfléchir.

Des gains accompagnés de pertes.

Des pertes qui finissent parfois par ouvrir d’autres possibilités.

C’est probablement sur ce terrain philosophique que Demartini m’intéresse le plus.

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Trois questions simples pour éviter une perception trop unilatérale

Sans reproduire la méthode Demartini ni prétendre l’enseigner, on peut retenir trois questions générales d’introspection :

Est-ce que je suis actuellement en train de considérer cette situation comme entièrement bonne ou entièrement mauvaise ?

Qu’est-ce que mon état émotionnel me fait peut-être sous-estimer ou ne pas voir ?

Quels bénéfices et quels coûts coexistent réellement dans cette situation ?

Ce ne sont pas « les questions Demartini ».

Ce sont simplement des questions de discernement que l’on peut retrouver, sous différentes formes, dans de nombreuses traditions philosophiques et psychologiques.

Et parfois, changer la qualité d’une question suffit déjà à changer ce que nous sommes capables de voir.

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Mon avis sur la méthode Demartini

Mon avis est donc volontairement nuancé.

Je trouve très intéressante l’idée de travailler sur les perceptions trop unilatérales, sur les opposés, sur l’admiration et le rejet, ainsi que sur la différence entre nos valeurs déclarées et ce que notre comportement montre réellement comme prioritaire.

Je trouve également très pertinente l’idée qu’un changement de perception puisse modifier notre manière d’agir.

La psychologie scientifique fournit d’ailleurs des bases solides à certaines notions voisines, comme la réévaluation cognitive, la motivation autonome ou l’auto-concordance des objectifs.

Mais je resterais beaucoup plus prudent lorsqu’un vocabulaire issu de la physique, des neurosciences ou de la biologie est utilisé pour donner une apparence scientifique à des propositions philosophiques qui n’ont pas nécessairement été testées comme telles.

Concernant l’efficacité spécifique de la méthode, l’étude pilote publiée en 2026 constitue une évolution intéressante, mais certainement pas encore une preuve suffisante pour conclure.

Et surtout, je ne crois pas qu’une méthode unique puisse résumer à elle seule la complexité humaine.

Le corps compte.

Les émotions comptent.

L’histoire personnelle compte.

L’environnement compte.

Les relations comptent.

L’action compte.

Et parfois, après avoir passé beaucoup de temps à essayer de comprendre pourquoi nous sommes bloqués, la prochaine étape est simplement d’essayer quelque chose et d’observer ce qui se passe.

Si vous avez surtout besoin de travailler sur vos propres blocages, vos décisions ou votre passage à l’action, vous pouvez également découvrir mon accompagnement de coaching de vie à Paris 11 et à distance.


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FAQ sur la méthode Demartini

Qu’est-ce que la méthode Demartini ?

La méthode Demartini est un processus structuré de questionnement développé par John Demartini. Elle vise notamment à examiner et rééquilibrer certaines perceptions jugées unilatérales afin de modifier la réponse émotionnelle et les décisions qui en découlent.

La méthode Demartini est-elle scientifiquement prouvée ?

Pas au sens où l’on pourrait aujourd’hui parler d’une efficacité solidement établie par de nombreux essais contrôlés indépendants. Une étude pilote évaluée par les pairs a toutefois été publiée en août 2026 et rapporte des résultats préliminaires intéressants. Avec seulement onze participants ayant terminé l’intervention et aucun groupe contrôle, elle doit être considérée comme un premier signal qui demande confirmation.

John Demartini est-il médecin ou psychologue ?

John Demartini est chiropracteur de formation. Son titre de « Dr » correspond à son diplôme professionnel en chiropratique. Les sources disponibles indiquent qu’il est diplômé du Texas Chiropractic College, promotion 1982.

Quel rapport entre méthode Demartini et procrastination ?

Demartini estime que nous sommes plus spontanément motivés à agir sur les activités correspondant à nos valeurs les plus élevées et davantage susceptibles de procrastiner sur celles situées plus bas dans notre hiérarchie de priorités. Cet angle est intéressant et trouve certains échos dans les recherches sur les objectifs auto-concordants, mais la recherche sur la procrastination montre que ses causes sont beaucoup plus diverses.

La méthode Demartini est-elle une TCC ?

Non. Certaines idées peuvent rappeler la réévaluation cognitive ou le recadrage, mais la méthode Demartini constitue une méthode propriétaire distincte. Il ne faut pas la présenter comme une thérapie cognitive et comportementale.

Peut-on utiliser la méthode Demartini après un traumatisme ?

La prudence est nécessaire. L’Institut Demartini présente lui-même sa méthode comme un outil éducatif et de développement personnel qui ne remplace pas une prise en charge médicale ou psychologique. Pour une détresse importante ou un traumatisme, l’accompagnement par un professionnel de santé qualifié reste prioritaire.

Peut-on apprendre la méthode Demartini seul ?

Il existe des ressources, programmes et formations proposés par l’Institut Demartini. L’utilisation professionnelle de la méthode fait l’objet d’une formation et d’une licence spécifiques selon l’Institut.

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Références scientifiques citées

Steel, P. (2007). The Nature of Procrastination: A Meta-Analytic and Theoretical Review of Quintessential Self-Regulatory Failure. Psychological Bulletin, 133(1), 65–94. DOI : 10.1037/0033-2909.133.1.65.
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/17201571/

Sheldon, K. M., & Elliot, A. J. (1999). Goal Striving, Need Satisfaction, and Longitudinal Well-Being: The Self-Concordance Model. Journal of Personality and Social Psychology, 76(3), 482–497. DOI : 10.1037/0022-3514.76.3.482.
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/10101878/

Deci, E. L., & Ryan, R. M. (2000). The “What” and “Why” of Goal Pursuits: Human Needs and the Self-Determination of Behavior. Psychological Inquiry, 11(4), 227–268.
https://doi.org/10.1207/S15327965PLI1104_01

McRae, K., & Gross, J. J. (2020). Emotion Regulation. Emotion, 20(1), 1–9. DOI : 10.1037/emo0000703.
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/31961170/

Buhle, J. T. et al. (2014). Cognitive Reappraisal of Emotion: A Meta-Analysis of Human Neuroimaging Studies. Cerebral Cortex, 24(11), 2981–2990.
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/23765157/

Mahy, C. E. V., Munakata, Y., & Miyake, A. (2024). Mutual implications of procrastination research in adults and children for theory and intervention. Nature Reviews Psychology, 3, 589–605.
https://www.nature.com/articles/s44159-024-00341-w

Wezowski, K., & Pierce, K. (2026). Pilot and Feasibility Study on the Effectiveness of the Demartini Method in Improving Depression and Social Functioning. IntechOpen, publié le 21 août 2026. DOI : 10.5772/intechopen.1017610.
https://www.intechopen.com/online-first/1267428

Sources primaires Demartini

Méthode Demartini.
https://drdemartini.com/fr/demartini-method/

Valeurs.
https://drdemartini.com/fr/values/

Procrastination et valeurs.
https://drdemartini.com/fr/blog/breaking-through-procrastination

Formation / informations professionnelles.
https://drdemartini.com/fr/coach

Cet article reflète les compétences, les idées et les méthodes de Xavier Foucher. Il a été enrichi par des recherches réalisées avec ChatGPT Pro, notamment pour la recherche de sources scientifiques et la facilitation de la rédaction. Les idées, prises de position et expressions demeurent le plus fidèlement possible celles des pensées et paroles de Xavier Foucher.

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2 réflexions sur “Méthode Demartini : fonctionnement, principes, science et mon regard de coach”

  1. Je ne connaissais pas cette approche mais sans chercher à vérifier ses validations, je ne peux qu’être en accord car amener chacun à enlever la tension sur les polarisés qui sont en lui est mon axe de travail. Je l’utilise juste pour aider les personnes à se révéler et se relever après des périodes difficiles, des traumas.
    Merci pour cette étude et cette découverte

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